jeudi 25 novembre 2010

Smith Westerns, Wavves, Jack of Heart, Ty Segall: le Point Ephémère joue la carte du garage

Ty, le 18/11 au Point Éphémère

« Where’s your mama ? » Le mec a la trentaine aigrie et ça peut se comprendre. Le crâne dégarni, il assiste à un concert donné par des chevelus de moins de 20 ans. Nous sommes le lundi 22 novembre, au Point Éphémère. « Hey kiddo, do you know how to play guitar? » Ok, là ça devient lourd. Le trentenaire éructe, plein d’une jalousie impuissante face aux Smith Westerns, quatre mecs de Chicago aux visages angéliquement enfantins qui domptent leurs instruments d’une main de maître. Tandis que le chanteur Cullen Omori passe nonchalamment la main dans ses cheveux tout en chantant « be my girl » - provoquant un certain émoi chez les filles présentes dans la salle - le guitariste exécute des solos de guitare avec une éblouissante dextérité. Le public hoche la tête en rythme, bercé par des morceaux garage aux surprenants accents pop-mélodiques.
Le trentenaire morose retrouve un peu de pêche grâce aux Wavves, seconde partie de soirée. Au concert lisse et sans aspérités des Smith Westerns succède de la pop noise Californienne à l’énergie punk ; et les hochements de tête du public sont bien vite remplacés par pogo, slams et tentatives avortées de grimper sur scène. Le tout contraste un peu trop fortement avec la silhouette massive du videur, posté sur les escaliers, à droite de la scène. Non seulement il bouche la vue à un paquet de monde, mais en plus il en fait trop. D’où l’impression désagréable de participer à une surboom adolescente. Dommage… parce qu’à part ça le concert est plutôt réussi.
Mais ni l’un ni l’autre de ces deux groupes n’égale le concert donné par Ty Segall le jeudi 18 novembre dans le cadre d’une soirée organisée par le label parisien Born Bad, dans la même salle. Ty Segall et ses comparses succédaient aux Jack of Heart, quatre mecs de Perpignan vêtus de collants et de longs t-shirts blancs. Rock-garage énergique et calé, qui n’a pourtant pas fait l’unanimité. Le chanteur s’est donc surement senti obligé d’escalader la structure métallique de la scène pour pimenter un peu sa prestation. Moment ridicule s’il en est. Revenons à Ty Segall, véritables maîtres de la soirée, qui ont déchaîné le public du Point Ephémère comme jamais. Perles de sueur dégoulinants sur le front, l’auditoire enchaînait slams, danses effrénées, reprenait en cœur les paroles du groupe, sifflait, hurlait, réclamait un rappel, un deuxième rappel. Effervescence assez rare pour être relevée. Ty occupait toute la scène, ses musiciens relégués sur le côté gauche. Egocentrisme affiché qu’on lui pardonnera facilement vu la qualité de leur prestation. Ses boucles d’un blond Californien s’agitant dans tous les sens, comme portées par l’énergie musicale du groupe, restera surement l’image hypnotique de la soirée.
Après cette série de concerts au Point Ephémère, je crois qu’il est plus que temps de s’intéresser au mouvement garage qui explose actuellement aux USA mais aussi en France, et de se bouger dans cette salle, qui est quasiment la seule de la capitale à programmer ces groupes complètement affolants.   

RollK!

N.B: Très bon reportage sur le garage US sur VBS.TV, cliquez ici.

"Girlfriend" de Ty Segall en live à Sonic Boom Records (Toronto) le 28/08/2010


Live de Smith Westerns au Point Éphémère le 22/11/2010



"King Of The Beach" de Wavves, live au Point Éphémère le 22/11

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