mardi 2 octobre 2012

Halasan Bazar - Foggyview + Nouveau clip Shine Away (premiere)


(c)Robert Mctaggert

English version here.

Comment pourrait-on évoquer les danois Halasan Bazar ?
Sortis tout droit d’un cirque imaginaire ? Il serait trop facile de dire « inclassable ». De la folk, psychédélique ? pop ? Ils sont beaucoup trop fougueux pour se limiter à ces qualificatifs. Ils ont d’ailleurs un côté garage rock californien des 60’s qui leur sied à merveille.
Leur musique, quelle claque ! Ils nous emmènent loin, far away, dans un far west scandinave et coloré. Loin de cette froideur nordique qu’on aurait pu attendre de part leur origine. Ces gens là ont une quête.
Leurs chansons sont mélancoliques mais aussi joyeuses et fières. Ils y évoquent les rêves et pensées, les espérances, les explorations, les questionnements intérieurs et les sentiments de notre génération.

Découverts avec leur morceau Tin Foiled grâce à No Fear For Pop, celui-ci est l’un des grands moments de leur nouvel album qui en regorge d’ailleurs. J’ai été frappé par sa cohérence, sur toute la longueur, alternant des temps forts et plus calmes, mais avec toujours plus d’inspiration. Il s’appelle How To Be Ever Happy et est écoutable plus bas (player bandcamp et vidéos) et est sorti en cassette il y a quelques semaines sur l’excellent label Moon Glyph.


Nous avons aussi le privilège de vous présenter, en exclusivité, la nouvelle vidéo de leur chanson "Shine Away" toujours sur l’album « To Be Ever Happy » :


Shine Away from Halasan Bazar on Vimeo.



Fredrik, le frontman de ce bazar, nous a accordé quelques minutes alors qu’il était fiévreux à Copenhague. Nous le remercions chaleureusement pour ses réponses et sa musique. En espérant les voir un jour sur scène à Paris…



x Peux-tu décrire ce que tu ressens quand tu fais de la musique ?

C’est juste ce sentiment abstrait. Tu t’enfermes dans ta bulle, tu oublies tout et tout le monde. Quand je fais de la musique, ça peut me dévorer complètement pendant tellement d’heures. Je ne mange pas, je ne bois pas, je ne pense pas, je fais. C’est comme une transe, une concentration pure et absolue sans aucun filtre. C’est grandiose.

x Une image?

 

J’ai trouvé ce truc sur ce blog qui répertorie des images bizarres de Google Earth et je ne peux pas arrêter de regarder cette photo. C’est tellement marrant que ça fait mal, et c’est aussi une sorte d'allégorie sur le sentiment que l’on peut ressentir lorsqu’on est quelque part et que l'on ne s'y sent pas chez nous, que l’on s’y sent étranger, lointain et fragile. C’est exactement le cas de ce mec. C’est un peu moi d’une certaine manière.

x Pire cauchemar:

Ne plus aimer ou ne plus jamais être aimé.

x Endroit préféré :

On a cette espèce de bunker dans un parc ici à Copenhague. On l’utilise comme salle de répétition et j’y enregistre beaucoup de notre musique. On l’appelle le Vaisseau Spatial. Il est en sous-sol, ressemble à un igloo avec 3 portes cadenassées, pas de réseau téléphonique… C’est L’ENDROIT idéal pour faire le point et créer.





x 3 albums:

Je peux uniquement citer ce qui me touche en ce moment car ça change assez souvent !

- Tame Impala - Lonerism (2012)

J’ai réussi à choper celui-là lorsqu’il a leaké et c’est bien au-delà de ce que j’avais pu entendre auparavant. Je suis assez fier d’appartenir à la même génération que ce mec (ndlr : Kevin Parker, frontman de Tame Impala). J’entendu dire qu’il l’a en partie enregistré dans un petit appartement à Paris et qu’il a dépensé tout l’argent d’Innerspeaker (ndrl : 1er album des australiens) pour déménager tout son matériel en France (et l’entasser dans l’appartement). C’est plutôt cool non ? Imagine les voisins…

- Michael Hurley - Hi Fi Bar Snuck Uptown (1972)

Ce mec arrive à toucher le plus profond de mon cœur. Je pense qu’on a pas mal de démons en commun lui et moi. Je ne comprends pas pourquoi il n’est pas plus connu que Dylan, car ses textes sont légendaires. Celui-ci par exemple est à méditer : "Everything is weird. Turning out just like I feared. Someone calling in a nightmare tone. I dont wanna live in the twilight zone."
Woooha.

- The Clean - Mister Pop (2009)

Je suis tombé par hasard sur cet album la semaine dernière et ça m’a donné des frissons. Parfois, tu écoutes une musique et ça se connecte avec ce que tu fais. Ça te donne le sentiment de ne pas être seul à essayer désespérément d’exprimer ce que tu veux dire. C’est le cas avec cet album. Des chansons comme “ Are You Really On Drugs” et "In The Dreamtime You Need A Rubber Soul” sont des vers d’oreille, elles ne te sortent pas de la tête. Je trouve ça fou qu’ils existent depuis 30 ans et qu’ils aient pu sortir quelque chose de si frais de leur vieux chapeau…





x Une citation :

"All our acts are acts of fear" Truman Capote
(Tous nos actes sont des actes de peur)

C’est juste une phrase accrocheuse, mais qui me correspond probablement quand je me sens à plat. Néanmoins Halasan Bazar est une échappatoire. Comme un endroit pour se cacher quand le monde est trop excessif. Le monde est toujours excessif…



x Discographie:

- Halasan Bazar (2008) CDR & Christmas gift - No Label


- Halasan Bazar EP (2009) CDR & ITunes worm - No Label

- He Went Yoga Swimming And Never Came Back (2009) CDR & Christmas gift - No Label


- Bed+Room=Spaceship (2010) CDR & Christmas Gift - No label


- You Will Know (2011) 7-inch - OOaOO Records



- How To Be Ever Happy (2012) - Moon Glyph 


Future:
- Space Junk (late 2012 - early 2013) Crash Symbols (No artwork yet)

Videos:


Halasan Bazar - Tin Foiled from Halasan Bazar on Vimeo.

Halasan Bazar - Figure It Out from Halasan Bazar on Vimeo.

Halasan Bazar - Mountaintops from Halasan Bazar on Vimeo.

Halasan Bazar- This Time from Halasan Bazar on Vimeo.

B.

mercredi 19 septembre 2012

Volage - Foggyview (english)



Version française ici

At the Foggy Girls Club, we also love local products, that’s why we couldn’t miss Volage. These young folks originally come from the center of France and live nowadays between Paris, Tours and Le Blanc. For the ones who don’t know, Le Blanc is a lovely one-horse town located at the border of Berry, Poitou and Touraine regions, in the “Parc Naturel Régional of Brenne”. As I’m also from around this region, I would honestly never imagine that I could be gaped by music coming from there. I underestimated what it could wake up in each one of us, even when you’re closer to Orleans than New Orleans… because after listening to their first EP – Maddie, it’s obvious that these guys have understood the essentials. Their songs are scatting garage rocks hits that many can and will be envious of.

Volage are 4 guys who meet each other at their garage lost in their little town surrounded by idyllic nature. This is the ideal spot to rehearse, to record, having fun and get drunk. They’re describing themselves as a garage, pop and psyché band and they handcrafted and released 100 cassettes with different covers for their Maddie EP. You can listen to it at the end of this article or here and download it for free as well.


They spent their summer in the countryside to prepare some new stuff, as perhaps the release of a single and a new cassette. Then they will set a mini tour that we obviously will support.



They kindly answered to a few questions:


x Definition of rock and roll or music:

hahaha, a brunette with character! but no, music is kind of, a way of life, of thinking, I guess...
x A picture?


This is Herbert Huncke, a writer less known from the beat generation. His master-piece, “Guilty of Everything” has a sublime sweetness and an unbearable violence at the same time.

x Worst Nightmare?

Appealing at Club Med.

x The place you enjoy?

"La Flambée", (The Blow-Up in English). It’s a small bar/restaurant in Le Blanc. You can eat and drink a lot for nothing. There are some cool young people, some cool old people, some Picon… Actually you can live there.






x 3 records:

It’s hard to only pick 3... At the moment, we’re listening to The Sufis, it's brilliant. And then we can say that we will never part Barrett/Madcap Laughs - Syd Barrett, Family Perfume 1&2 de White Fence, Elliott Smith Figure 8, but it's more than 3 now...



x The Quote

In sound recording: " Shit in = Shit out "

x Discography:

- Maddie EP 2012, available as handcrafted cassettes and free download




- New cassette and vinyl coming soon



B.

Volage - Foggyview



English version here

Au Foggy Girls Club on aime aussi les produits du terroir, on ne pouvait donc pas passer à côté de Volage. Ces jeunes gens sont originaires du centre de la France et vivent aujourd’hui entre Paris, Tours et Le Blanc. Pour ceux qui ne connaissent pas, Le Blanc est un bled fort sympathique situé à la frontière du Berry, du Poitou et de la Touraine, dans le Parc Naturel Régional de la Brenne. Etant moi-même originaire de ce coin, je n’aurais honnêtement jamais imaginé avoir l’occasion d’être scotché par quelque chose venant de là-bas. C'était sans compter sur ce que peut éveiller la musique en chacun de nous, même quand on est plus proche d'Orléans que de la Nouvelle Orléans... car à l’écoute de leur 1er EP – Maddie, il est clair que ces mecs ont compris l’essentiel. Leurs chansons sont des petits hits et brûlots garage rock que beaucoup peuvent (et vont) leur envier.

Les Volages sont 4 et se retrouvent souvent dans leur garage aménagé et perdu dans cette petite ville entourée d’une nature idyllique. C’est un endroit idéal pour répéter, enregistrer, s’amuser et se « mettre la race » (selon leurs mots). Ils se décrivent comme un groupe garage, aux influences pop et psyché, et viennent de sortir eux mêmes 100 cassettes avec des covers différentes pour leur Maddie EP. On peut d’ailleurs l’écouter en bas de l’article ou ici et le télécharger gratuitement.

Ils ont passé l'été à enregistrer au vert pour sortir de nouvelles choses à la rentrée: un single, un EP ou une cassette. Ensuite il y aura surement des dates et un mini-tour qu’on se fera un plaisir de soutenir.

Voici leurs réponses à nos questions :


x Définition du rock and roll ou de la musique:

hahaha, brune avec du caractère! Nan, la musique c'est une façon de vivre de voir les choses, je pense...
x Une image?


C'est Herbert Huncke, un écrivain moins connu de la beat génération, son oeuvre principale "Coupable de tout" est d'une douceur sublime et en même temps d'une violence insoutenable.

x Pire cauchemar:

Plaire au Club Med.

x Endroit préféré :

"La Flambée", c'est un p'tit bar restau qui se trouve à le Blanc. On peut y manger et boire beaucoup pour pas cher. Y'a des jeunes cool, des vieux cools, du Picon... en fait on peut y vivre.






x 3 albums:

Dur dur en trois... En ce moment on écoute les Sufis, c'est excellent. Sinon on peut dire qu'on ne se sépare jamais vraiment de Barrett/Madcap Laughs - Syd Barrett, Family Perfume 1&2 de White Fence, Elliott Smith Figure 8, mais ça fait plus de trois là...




x Une citation préférée ?

En prise de son : " Shit in = Shit out "

x Discographie:

- Maddie EP (2012), dispo en cassette et sorti en autoprod




- Nouvelle cassette et vinyle en projet pour la rentrée 2012

B.

mardi 28 août 2012

Brothers In Law - Foggyview (english)



Version française ici

The emersion in Italy of small labels and very interesting new bands put our neighbors as an important place for the European rock and roll scene. We could already discover this thanks to releases from Shit Music For Shit People or Hell Yes, between others, but for now, our next stop will be around Pesaro to talk about Brothers In Law

This promising trio is formed by Nicola, Giacomo and Andrea. 
Here is how they presented themselves: “Nicola and Giacomo are real brothers in law because their girlfriends are sister. So the name of the band was taken thankfully to this relationship. Only Giacomo in the band is working as an employee, Nicola is playing also in another very great band called Be Forest. Andrea sometimes is Djing in some club.” 

We discovered them thanks to their Gray Days 7’’ released last February (on labels We were never being boring / Cf-Records / Matta Lab) where you can find 3 deeply moving songs: Holy Weekend, Sharp Leaves and Ode to Love. These are also furiously addictive, as the trio is striking their pure melodies and shoegazing atmosphere with a total mastery. They previously released an EP in 2011 via Tannen Records and they’re recording their first album during the summer. We’re looking forward to it…



Brothers in Law - Holy weekend from lorenzo musto on Vimeo.


They kindly answered to a few questions:

x Definition of rock and roll and/or music:

Rock music is the capability to bring out inside emotion, expression and to change and reinvent anytime new things in music.

x A picture?


A pop version of Sarah Records logo.
We really love this label. Their bands are still an influence for us.

x (Favorite) Worst Nightmare:

The end of the world (it would be great!)


x The place you enjoy?

Our sweet rehearsal room




x 3 records:

- Felt - The Splendour of Fear
- The Velvet Underground & Nico
- Slowdive - Souvlaki



x The Quote:

“Hearts are the easiest things you could break” The Jesus And Mary Chain


x Discography:

- Brothers in Law - S/T EP - Tannen Records (2011)


   Brothers In Law - Butter Bricks by Tannen Records

- Gray Days 7" - We were never being boring / Cf-Records / Matta Lab (2012 )

   Brothers in Law - Holy Weekend by headphonesman agency
   Brothers In Law - Sharp Leaves by CF Records


- They're recording their first LP during the summer



Brothers in Law - Crystal Birds from lorenzo musto on Vimeo.

B.

Brothers In Law - Foggyview



English version here

L’émergence en Italie de petits labels et groupes très intéressants place décidément nos voisins latins en lieu incontournable du rock and roll européen. On a déjà pu l’entendre avec les sorties de Shit Music For Shit People ou Hell Yes (entre autres) mais cette fois-ci, on va s’arrêter du côté de Pesaro pour parler du groupe Brothers in Law

Nicola, Giacomo et Andrea forment ce trio très prometteur. Pour la petite histoire, les 2 premiers sont beaux-frères dans la vraie vie, d’où le nom, leurs copines étant sœurs. A part ça, seul Giacomo travaille comme employé, Nicola joue également dans le groupe Be Forest et Andrea fait parfois le DJ dans des clubs. 

On les a découvert via leur Gray Days 7’’ sorti en février dernier ( We were never being boring / Cf-Records / Matta Lab) dans lequel on a trouvé trois chansons bouleversantes : Holy Weekend, Sharp Leaves et Ode to Love. Elles sont également furieusement addictives, le trio y assénant ses mélodies pures et ambiances shoegazeuses avec une maîtrise totale. Ils avaient déjà sorti un EP en 2011 sur le label Tannen Records et ils enregistrent cet été leur premier album dont on va attendre la sortie avec beaucoup d’impatience.



Brothers in Law - Holy weekend from lorenzo musto on Vimeo.


Voici leurs réponses à nos quelques questions:

x Définition du rock and roll ou de la musique:

C’est la capacité à faire ressortir de l’émotion, de l’expression et de changer et réinventer toujours de nouvelles choses en musique.

x Une image?


C’est une version pop du logo de Sarah Records.
On adore ce label et leurs groupes sont toujours influents pour nous.

x Pire cauchemar:

La fin du monde (ça serait génial !)


x Un endroit préféré ?

Notre agréable salle de répétions.




x 3 albums:

- Felt - The Splendour of Fear
- The Velvet Underground & Nico
- Slowdive - Souvlaki



x La citation:

« Les coeurs sont les choses les plus faciles à briser » The Jesus And Mary Chain.
(“Hearts are the easiest things you could break”)


x Discographie:

- Brothers in Law - S/T EP - Tannen Records (2011)


   Brothers In Law - Butter Bricks by Tannen Records

- Gray Days 7" - We were never being boring / Cf-Records / Matta Lab (2012 )

   Brothers in Law - Holy Weekend by headphonesman agency
   Brothers In Law - Sharp Leaves by CF Records


- 1er album en cours d’enregistrement



Brothers in Law - Crystal Birds from lorenzo musto on Vimeo.

B.

vendredi 24 août 2012

The Soft Moon - Interview (english)




Version Française ici


We were really expecting something from The Soft Moon’s performance and they finally took the prize for this 2012 summer edition of la Route du Rock festival. It was a brutal, tribal and industrial show where their usual video projections were replaced (for technical reasons) by a sharp and hypnotizing black and white lightshow. We were definitely captured.
We already knew them via their previous releases, self titled LP in 2010 and the Total Decay EP in 2011 on their label Captured Tracks. For the ones who don’t know yet, we can say that their music is dark and sometimes instrumental or led by far-off shouts. The atmosphere can be oppressive but also warm and the rhythm is completely obsessive. They come from San Francisco and for this gig, they crossed the ocean and came to Brittany for the week-end.

We got a rendez-vous with Luis Vasquez, the man behind the moon, the day after their performance. It took place at the Fort Saint Père, under a stuffy heat. Luis is a very nice guy, the antithesis of what we could have thought after seeing their insanity on stage. We talked about everything and nothing and about what surrounds his music…

« We fucked up the last song, maybe no one noticed. That’s why I like to play at 1 am when everybody is drunk and me too (laughs)…

Their new album comes out on the 30th of October and will surely be great. They will be back in France in November for their European tour so hurry up and get your tickets!



x Do you have specific cinematographic influences ?

Luis: Filmaker-wise I’d say, David Cronenberg, with that movie “The Fly” and then also, Gaspar Noé. I feel like I would like to work with them actually. These are pretty influential directors for me. For Gaspar Noé, visually and sonically, what his films, and the scores have been… I definitely take use from that in my music and then Cronenberg, I’m influenced by him because his movies are about body horror, and it makes you feel really uncomfortable.

And my music is all about me being very uncomfortable with my body, the anatomy and biology. So the sounds are trying to recreate, mimic, agony or thoughts about how my throat works… It freaks me out! I suffered from a little bit of anxiety, so that’s why there is a lot of fast pace, and very anxious, and it can scare a little bit.

x And dancing too

L: Yeah, I think it’s important to dance to music. Dance music in general because it’s kind of primal in a way, like tribes when they call gods or when they communicate, they dance.

x Like voodoo stuff?

L: Yeah, exactly, especially as all my family is from Cuba and my Grand Ma, they practice Santería. They use music to provoke certain things and to heal and that kind of stuff so that’s also in my music for sure.

x Have you already composed for a movie?

L: Maybe in the future, that’s definitely one of my goals. I got asked to compose for a movie like a year and a half back but it keeps getting postponed in terms of filming so I’m just waiting until that’ll happen and then I’ll take the opportunity for sure.



x Do you work with somebody for your visual stuff?

L: Yeah Ron, him and I work together like I come up with the concepts that I communicate to him and he has the skills to create it. When I’ll get back, I’ll be talking to him as the new album will be coming out in October, I’d like to change the whole visual stuff to match with the new album so we’ll be working on that together.

x Do you feel close to other forms of art then?

L: I consider The Soft Moon like a multimedia art project anyway so I guess I would say I’m part of that world, like art world.

x Then you plan to play in some place which are not specifically music venue? I’m thinking about the gig you played at Fotografiska Museet in Stockholm in last may

L: That was a very good show for us and that was really special. I liked that we could really express the visual elements because there was panoramic visuals and everyone was surrounded by it.

So like Museum, yeah we’ve been talking about this for a while. We want to do like a “museum tour” where everything can be like an art exhibit, I think that’d be amazing so hopefully in the future we can expand on the visual aspect of the project, and definitely make it like a multimedia sort of thing rather than just a band.

x Could you tell us about your label Captured Tracks and other labels that you like?

L: It’s interesting and I think about that a lot. I feel a little bit different, as a band, as a project, in terms of the rest of the roster. And so far it’s been good, it’s worked out. And with Mike Sniper, we’re good friends and we talk all the time. When I’m in New York, I stay on his couch!

Then for other labels definitely Factory, old 4AD, Beggars Banquet. 99 Records from New York with bands like Liquid Liquid, a band I like a lot.

x How do you fit with the San Francisco current scene which is better known for its psychedelic or garage music

L: Definitely different than most of what’s happening in San Francisco. It kind of has some sort of a history and a sound within itself and a lot of people playing into that. I’m kind of the “asshole” from there (laughs). But originally I’m from LA so maybe it makes more sense as this is where I grew up.

x : Like is it more violent

L : Yeah, violent I guess. San Francisco is more relaxed, more politically correct…

x Despite your differences, do you still like the music there (in SF)? (like Thee Oh Sees, etc…) ?

L : Oh yeah of course I do love what’s happening musically in SF, so I’m more of the bastard, instead of the asshole (laughs).


- New Album - ZEROS 30/10/2012 (US) and 05/11/2012 (Europe) - Captured Tracks
- Next shows in France(between others): 14/11/2012 withTy Segall at l'Antipode (Rennes), 15/11 atPoint FMR (Paris)...

Interview: B & Marion Candy






(c)Julie_Bonato

jeudi 23 août 2012

The Soft Moon - Interview




English version here

L’édition 2012 de la Route du Rock fut très belle. La programmation, risquée, leur a malheureusement fait défaut mais le contrat est encore une fois parfaitement rempli artistiquement parlant.
Dans les coups de cœurs on peut citer Stephen Malkmus & The Jicks, Civil Civic, Lower Dens, Hanni El Khatib, Mazzy Star, Chromatics, etc…

The Soft Moon étaient attendus et ils ont brillamment remporté la palme de la plus grosse claque de l’édition été 2012 du festival malouin.
Un show brutal, tribal, industriel où leurs habituelles vidéos projetées (pas possible à mettre en place techniquement sur ce concert) avaient laissé place à des jeux de lumière incisifs en noir et blanc hypnotisant. Nous fûmes définitivement conquis.
On les connaissait déjà via leurs principales sorties, un album éponyme en 2010 et un EP « Total Decay » en 2011 chez Captured Tracks.
Pour ceux qui découvrent, leur musique est plutôt sombre, souvent instrumentale ou portée par des cris lointains et rythmiquement obsédante toute en atmosphères angoissantes mais parfois chaleureuses. Vous trouverez quelques liens à écouter dans cet article. Leurs concerts ressemblent à ce que l’on peut s’imaginer être une apocalypse. Ils viennent de San Francisco, ont traversé l’océan spécialement pour leur concert et ont donc passé le weekend en Bretagne.

Nous avions rendez-vous avec Luis Vasquez, l’homme à l’origine du projet, le lendemain de leur performance, sous une chaleur étouffante. Luis est une crème, l’antithèse de ce que l’on aurait pu imaginer vu leur folie sur scène. On a parlé de tout et de rien et de ce qui tourne autour de sa musique…

« On a foiré la dernière chanson mais apparemment personne ne l’a remarqué! C’est pour ça qu’on aime bien jouer quand tout le monde est bourré, et moi aussi… (rires)

Leur prochain album « Zeros » sortira le 30/10 prochain et promet d’être une tuerie. Ils repassent en France au mois de Novembre, à ne louper sous aucun prétexte !



x Tu as un environnement cinématographique en particulier ?

Luis: En termes de réalisateurs, je dirais, David Cronenberg, notamment le film « La Mouche ». Et aussi Gaspard Noé. En fait, je me dis que j’aimerais vraiment travailler avec eux. Ils sont vraiment influents pour moi.
L’univers et l’approche de Gaspard Noé, ce que l’on retrouve dans ses films et bandes originales, visuellement et soniquement, sont des choses que j’utilise dans ma musique.
Pour Cronenberg, je suis influencé par ses thèmes de prédilection que sont l’horreur et le corps humain, des choses qui te mettent vraiment mal à l'aise.

Ma musique, c’est aussi moi, mal à l’aise avec mon corps et l’anatomie et la biologie... Donc les sons essaient de créer, d’imiter ces sentiments d’agonie ainsi que mes réflexions sur la façon dont ma gorge fonctionne, c’est assez flippant…
J’ai souffert d’anxiété, ça explique pourquoi on y retrouve beaucoup de rythmes rapides, assez anxiogènes, et ça peut faire un peu peur !

x Mais elle fait aussi danser…

L: Oui, je pense que c’est important de danser sur la musique. C’est un peu primitif dans un sens, comme les tribus qui dansent pour appeler un dieu ou pour communiquer.

x Un peu comme du vaudou?

L: Tout à fait, d’autant plus que ma famille vient de Cuba, ma Grand-mère… et ils pratiquent le Santería. Ils utilisent la musique pour provoquer certaines choses, pour guérir ou des trucs du genre donc ça se retrouve aussi dans ma musique. 

x Tu n’as jamais composé pour un film?

L: Peut-être dans le futur, c’est en tout cas l’un de mes objectifs. On m’a demandé d’écrire la musique d’un film il y a un an et demi mais celui-ci est sans cesse repoussé donc en gros j’attends que ça avance de leur côté et je profiterai évidemment de cette opportunité.



x Il y a quelqu’un qui travaille avec toi sur l’aspect visuel?

L: Oui, c’est Ron, on y travaille ensemble. Je lui amène les concepts et lui a les capacités techniques pour les mettre en forme. Quand je serais revenu chez moi, on va d’ailleurs se remettre à travailler. J’aimerai changer notre aspect visuel actuel pour coller au mieux avec le nouvel album qui sort en octobre.

x Tu te sens proche d’autres formes d’art donc ?

L: En fait, je considère déjà The Soft Moon comme un projet artistique multimédia donc je peux dire que je fais parti du « monde de l’art » (rires)

x Est ce que vous projetez de jouer/performer dans des endroits autres qu’une salle de concert? Je pense au concert que vous avez donné au Fotografiska Museet à Stockholm en mai dernier?

L: C’était un super concert, vraiment spécial. J’ai bien aimé qu’on puisse y exprimer pleinement nos éléments visuels car ceux-ci était en panoramique et recouvraient tout le monde.

Sinon ouais, on en parle depuis un petit moment. On aimerait bien mettre en place une sorte de « tournée des musées » donc plus sur un concept d’exposition artistique. Ca pourrait être génial et ça permettrait vraiment d’insister sur l’aspect « multimédia » de The Soft Moon, plutôt qu’un simple groupe.

x Parle-nous de ton label Captured Tracks et d’autres qui ont pu te marquer:

L: A propos de Captured Tracks, c’est intéressant, et j’y pense beaucoup. Je me sens un peu différent chez eux, en temps que groupe/projet, par rapport aux autres artistes signés. Mais au final ça fonctionne très bien, plein de gens trouvent ça intéressant et moi également. Avec Mike Sniper on est de bons amis et on parle souvent. Quand je viens à New York je dors sur son canapé.

Sinon, bien sûr je pense à Factory, les vieux 4AD, Beggars Banquet… Aussi à 99 Records, le label New Yorkais avec des groupes comme Liquid Liquid que j’adore.

x Comment tu te sens par rapport à la scène musicale de San Francisco qui est plutôt connue pour son orientation psyché, garage… ?

L: Sans aucun doute différent de la plupart de ce qui se passe à SF. La ville a une sorte d’histoire et un son propre à elle-même et de nombreux groupes s’y retrouvent. Je suis un peu le « connard » (asshole) de là bas (rires). Mais à l’origine je viens de Los Angeles donc ça a surement plus de sens vu que j’ai grandi là bas.

x C’est plus violent ?

L : Oui, violent, je pense. San Francisco est plus relax, plus politiquement correct…

x Mais malgré cette différence, tu aimes quand même la musique de SF non ? comme Thee Oh Sees etc… ?

L : Ah oui bien sur, j’adore ce qui se passe là bas. Bon ok, on va plutôt dire que je suis le bâtard (bastard) plutôt que le connard (rires)…


- Nouvel Album - ZEROS sortie le 30/10/2012 (US) et 05/11/2012 (Europe) - Captured Tracks
- Prochains concerts en France (entre autres): le 14/11/2012 avec Ty Segall à l'Antipode (Rennes), le 15/11 au Point FMR (Paris)...

Interview: B & Marion Candy








(c)Julie_Bonato

lundi 30 juillet 2012

From La Route du Rock with Love




Illustration de Marion Candy
Cliquer sur l’image pour voir en grand



A l’occasion de la 22e édition du plus rock des festivals bretons (et on peut dire français) qui se déroulera du 10 au 12 août prochains à Saint Malo (toutes les infos sont ici), on avait envie de revenir sur les différents souvenirs musicaux que nous évoque ce rendez-vous.

En hiver ou en été, il est indéniable que cet événement, de par sa programmation et son esprit, a façonné et marqué au fer blanc notre éducation musicale. Pour l’avoir fréquenté pendant plusieurs années et même si l'on était trop jeune à ses débuts, on y retournera toujours avec la même excitation. Elle est bien sûr musicale mais aussi amicale grâce aux liens tissés au fil des ans.

Il me vient à l’esprit de nombreux moments, même des mauvais, comme lorsque j’ai vécu ma pire expérience en concert, Gang Gang Dance dont on est d’ailleurs sorti au bout d’un quart d’heure nauséeux et psychiquement affaiblis.
La musique peut donc avoir des effets surprenants dans le mauvais sens du terme.

On ne retiendra bien sur que les meilleurs moments et c’est pourquoi on a demandé à la plupart de nos rencontres et amis de nous sortir spontanément un souvenir musical de la Route Du Rock, avec leurs mots, et également ci-dessus en chouette illustration par l’artiste (et notre collaboratrice) Marion Candy avec qui on couvrira les concerts et l’ambiance cette année.


Camille: The Horrors, Sombre mais Intime. 2010.

Claire: Dum Dum Girls, Bhang Bhang. 2010.

Anne-Sophie: Liars, Industriel et Hypnotisant. 2006. 

Elise: Adam Kesher, Hipster Sexuel. 2008.

Nolwenn: Foals, Bandant et Vaporeux. 2010.

Arthur: Battles, Amour Dansant. 2011 

Charlotte: Cults, Humide et Magnétique. 2011.

Vanessa: Crocodiles, Efficace, Energisant. 2011.

Elen: Pulp, Dégingandés et Adulescents. 2001.

Frédéric: Cat's Eyes, 21h- Blackout. 2011.

Paul: DJ Shadow, Grandiose. 2002.

Zaza: My Bloody Valentine, Chaotique et Hypnotisant (Rien que ça). 2009

Pierre: Flaming Lips, Plein de Drogue et de Confettis <3. 2010

Clara: Peaches, Exhibo et Déjanté, 2009

David: Serena Maneesh, Surprenante Energie. 2010

Bernard: Gusgus, Sex-Citant. 1997

Jenifer: LCD Soundsystem, Historique. 2007

Shane: The Black Angels, Troublant et Jouissif. 2010

Matthew: The Kills, Enragé, 2009

Tommy: Deerhunter, Solaire et Enivrant ,2009

Alexandre: Simian Mobile Disco, Une Cathédrale Phonique un peu comme un spectacle au Futuroscope. 2009

Brice: Mogwai, Mou mais Emouvant à en Pleurer. 2011

Benny: Fleet Foxes, Rusé et Eclatant. 2011

Claudine: Blonde Redhead, Boueux et Electrique. 2011

Michele: Belle & Sebastian, Ensoleillé. 2006

Matthieu: Cat Power, Méga Bonnasse et Magnifique. 2006

Guilhem:  PJ Harvey, Rouge et Sang. 1998

La Route Du Rock de Saint Malo, 22e Edition du 10 au 12 août 2012.

Notre présentation du festival par ici.


B.

lundi 16 juillet 2012

La Route du Rock 2012 : programmation spectrale et envoûtante



Ne pas rentrer dans le rang. C’est l’objectif que s’est fixé La Route du Rock depuis sa création en 1991 ; objectif que le festival malouin atteint une fois de plus cette année avec sa programmation pointue et alléchante, à 1000 lieues de celles des autres festivals estivaux où l’on croise (trop) souvent les mêmes artistes.

Le vendredi soir, le quatuor anglais d’Alt-J, qui a fait du triangle son emblème et de la pop patchwork, aussi renversante qu’un tour en montagne russe, son crédo, nous donnera des fourmis dans les jambes. 


On plongera ensuite tête la première dans le pop-rock vertigineux de Jason Pierce, leader de Spiritualized, avant de se laisser emporter par le rock hanté du trio californien de The Soft Moon, passés maîtres dans l’art de recréer le fog san-franciscain à coup de brumeuses guitares. 



Samedi, on retrouvera avec joie nos chouchous de Veronica Falls, venus remplacer My Best Fiend, avant de se perdre dans le post-punk noir de Savages. Se succèderont ensuite Lower Dens et son passionnant dernier album Nootropics, The XX et ses mélodies en fine dentelle noire, la voix rocailleuse de Mark Lanegan et le rock-électro en forme de mosaïque de Breton. Sur l'autre scène du fort, le miraculé Willis Earl Beal fera résonner son timbre écorché.  


Le dimanche, le rock très 90s de Cloud Nothings ouvrira les festivités, avant de laisser la place à Stephen Malkmus, leader culte de Pavement, accompagnés de ses Jicks. 


Par la suite, Chromatics jettera un brin de mélancolie sur le dance-floor avec sa pop mâtinée d'électro, extatique et emballante, sombre et disco. 


Le festival se terminera avec Hanni El Khatib, son look rockab' et son rock vintage. 


L'édition 2012 de la Route du Rock se veut donc spectrale et envoûtante. On croise les doigts pour que la météo ne suive pas la même tendance... mais, d'un autre côté, ça nous éclate bien de danser dans la gadoue. 

La programmation complète est à retrouver ici ou ci-dessous.
Plus d'informations sur le site de la Route du Rock.

Vendredi 10 Août 2012
Le Fort de Saint-Père
02:15 > 03:25 · Squarepusher
01:05 > 01:55 · The Soft Moon
23:20 > 00:20 · Spiritualized
21:50 > 22:50 · Dominique A (Vers les lueurs)
20:25 > 21:15 · Patrick Watson
19:15 > 20:00 · Alt-J 
Le Fort de Saint-Père · Scène de la Tour
00:25 > 01:05 · Civil Civic
18:30 > 19:10 · Yeti Lane 
La Plage Bonobo
16:00 > 17:00 · Don Niño
14:30 > 16:00 · Infiné DJ Set

L’Escalier Club
02:30 > 04:30 · Michael Mayer


Samedi 11 Août 2012
Le Fort de Saint-Père
02:25 > 03:25 · Breton
01:00 > 02:00 · Mark Lanegan
23:00 > 00:10 · The XX
21:25 > 22:25 · Lower Dens
20:20 > 21:05 · Savages
19:15 > 20:00 · Veronica Falls
Le Fort de Saint-Père · Scène de la Tour
00:15 > 00:55 · Willis Earl Beal
18:30 > 19:10 · Egyptology
Le Palais du Grand Large
16:00 > 17:00 · Dominique A (La Fossette)
15:00 > 15:45 · Memoryhouse
La Plage Bonobo
16:00 > 17:00 · Ela Orleans
14:30 > 16:00 · La Station Radar DJ Set
L’Escalier Club
02:30 > 04:30 · Jamie XX
 

Dimanche 12 Août 2012
Le Fort de Saint-Père
02:25 > 03:25 · Hanni El Khatib
01:00 > 02:00 · The Walkmen
23:00 > 00:10 · Mazzy Star
21:45 > 22:35 · Chromatics
20:30 > 21:20 · Stephen Malkmus And The Jicks
19:15 > 20:05 · Cloud Nothings
Le Fort de Saint-Père · Scène de la Tour
00:15 > 00:55 · Colin Stetson
18:30 > 19:10 · Judah Warsky
La Plage Bonobo
16:00 > 17:00 · Jonathan Fitoussi
14:30 > 16:00 · Pan European Recording DJ Set