vendredi 22 novembre 2013

WOL XV - Music Selection / Foggy Mixtape



http://www72.zippyshare.com/v/93136503/file.html


Clique sur l'image pour télécharger la sélection ou là !

Merci à tous les artistes et labels et merci d’acheter LP, EP, CD, cassettes, mp3 de ces artistes et d’aller les voir jouer.
Merci à JL pour la cover.

English version here.



x Sick Hyenas _ Surf'n blood


Les jeunes hyènes sortent tout droit de Hambourg et on vous prévient, elle mordent ! On en parle plus précisemment par ici.
Une première cassette furieuse intitulée the White Mofo Drug Smuggla (La Pochette Surprise Records) et un LP prêt à sortir, messieurs les labels, manifestez-vous, ça en vaut la peine... 



x Audacity _ Couldn't Hold A Candle

On les pensait uniquement punk et sales, pas du tout. Les Californiens Audacity (de Fullerton, plus précisément) viennent de sortir un très très bon album de power pop Butter Knife (via Suicide Squeeze Records).
On était resté sur leur brulôt garage Power Drownings sorti en 2008 et ils reviennent à point nommé. Le diamant est dorénavant poli, comme l’illustre parfaitement cet extrait Couldn't Hold A Candle.



x Gap Dream _ Chill Spot

Prosternez-vous, son altesse Gap Dream, Roi des Chillers sort son second album Shine Your Light chez le meilleur label actuel Burger Records. Album de l’année ? Certainement. Gabriel Fulvimar n’en fait qu’à sa tête en synthétisant psychédélisme et pop… C’est un génie et Chill Spot est un tube. On plane, on danse, c’est fatalement bon.




x Still Charon _ Come Back Dinosaur

Issus de la prometteuse scène française DIY gravitant au sein du Collectif Nøthing, les Still Charon viennent de Limoges, au cœur de la France et leur 1er EP HΩME est d’une beauté rare. Come Back Dinosaur illumine parfaitement cet univers lo-fi porté par une voix des plus touchantes…




x Volage _ Heart Healing (Take 1)


On a déjà parlé il y a longtemps des Volage, après avoir été frappé par leur 1er EP Maddie. Celui-ci vient juste de bénéficier d’une belle réédition vinyle grâce au label parisien Howlin Banana Records (à se procurer par ici et avant qu’il ne soit trop tard).
La chanson très beatlesienne Heart Taking (take 1) fait le lien entre leurs débuts et un 1er LP qui sortira l’année prochaine. On a eu la chance de pouvoir en écouter quelques extraits, et ils s’avèrent tellement bons que l’attente parait beaucoup trop longue. Pour patienter, leurs live enragés feront bien l’affaire…
On l’annonce, 2014 sera leur année.


x Kaviar Special _ Dead

Sortis tout droit des tréfonds rennais, les Kaviar Special ont eu le temps d’affiner leur garage humide et crasseux dans les plus belles caves bretonnes et de préparer un 1er LP éponyme qui s’annonce clairement comme l’un des grands cru de cette fin d’année. Nos cœurs de rockers attendaient depuis longtemps d’être réjouis à ce point par une déflagration de bombes soniques et vénéneuses. On remercie franchement les Kaviar et on attend début décembre pour se procurer physiquement cet album qui sort chez les excellents label français Howlin Banana Records et Azbin Records.



x Sapphire Mansions _ Relic


Sapphire Mansions viennent de Brooklyn et se décrivent comme C8666. Et il faut dire que ça leur va plutôt bien. Leur bel EP Over America sort ce mois-ci et est disponible par ici. En écoutant Relic, on repense à nos premières fois avec Felt et le Velvet Underground…



x future _ Colors

On avait quitté future fin 2012 et depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Ils font partie du Collectif Nøthing, ont sorti un excellent Abyss EP et retourné pas mal de salles (et caves) de concerts. Le choc sonique Colors n’est d’ailleurs jamais sorti de notre tête. On dirait Moroder qui fait du Jesus & Mary Chain…
Concernant leur actu, ils prévoient de sortir de nouveaux morceaux en décembre et sont en concert à Paris bien sûr…



x unhappybirthday _ Kraken

Précédemment basés à Berlin et nouvellement emménagés à Hamburg, les allemands unhappybirthday sont peu à peu devenus incontournable sur notre platine. Leur musique synthétique réussit à évoquer parfaitement, références allemandes obligent, un côté Rheingold pour leur pop parfaite, un soupçon de DAF pour le côté sombre et hypnotique mais aussi une certaine idée de la scène anglaise des années 80, 90… Kraken est extrait de leur EP Cassette sorti en 2013 chez Night People et un LP est également disponible via le label LebensStrasse Records.




x Jonathan Rado _ Dance Away Your Ego

Jonathan Rado est la moitié de Foxygen et a récemment sorti sont premier album, le très attachant  Law and Order (Woodsist). Le jeune américain y brille élégamment et rend hommage à ses belles références, tout en restant simple, frais et touchant. A noter que White Fence apparait sur l’excellent titre Faces.




x ANNA _ I love noise


Derrière ANNA, se cache le jeune Martin, proche des fabuleux Volage. DIY, dans sa chambre, au centre de la France, il enregistre selon ses humeurs, qui, portées par un talent brut et scotchant nous plongent dans un bel univers… Premier shots par ici…
 



x Cheap Time _ Kill The Light

Les Cheap Time nous accompagnent depuis quelques années et prouvent encore une fois sur leur nouvel album Exit Smiles (26/11 via In The Red Records) qu’ils sont toujours là. Véritable machine de guerre en live et objet cultes sur platines, les affres de Jeffrey Novak et ses comparses portent haut et fort la flamme rock and roll pour notre plus grand plaisir. À noter que Jeffrey Novak sort à la même date son nouvel album solo Lemon Kid via Trouble In Mind. Les Cheap Time finissent actuellement leur tournée européenne et passeront par Paris le 27 novembre à l'Espace B avec Crusaders Of Love et Protokids, miam miam.



x Jack Name _ Pure Terror

On ne sait que peu de choses sur Jack Name, si ce n’est qu’il est l’un des guitaristes live de White Fence et se fait aussi appelé John Webster Johns. Il sort son 1er album Light Show en janvier prochain, via God ?, division de Drag City chapeautée par Ty Segall.
Et bien ça promet de belles choses, en tout cas si l’on se fie au 1er extrait, intitulé Pure Terror



x The Prefab Messiahs _ Bourgeois Sally

Burger Records a récemment réédité sous la forme d’une anthologie intitulée Devolver les perles post punk des Prefab Messiahs. Ces gens là officiaient au début des années 80 du côté du Massachussetts et quel plaisir et belle surprise de pouvoir aujourd’hui découvrir ce trésor caché. Album à se procurer absolument par ici qui ravira tous les amateurs de TV Personalities, Swell Maps et consorts… A noter que les Prefab Messiahs sont actuellement en train de préparer un nouvel album après 30 ans de silence…



x Ekkofabrikken _ Follow the flower


Les danois Ekkofabrikken officient du côté de Copenhague et nous sont quelque peu familiers car ils sont échappés des magnifiques Halasan Bazar. La belle et rêveuse Follow The Flower projette une beauté tendre et naïve. À suivre de très près.


x La Luz _ Big Big Blood


La Luz a sorti le très bel album It's Alive (Hardly Art) en octobre dernier. Alliant le surf band au girl band, les californiennes ont trouvé une délicieuse recette qu’on aimerait bien voir par chez nous. Actuellement en tournée, les filles ont vu leur vie défiler lors d’un accident de la route qui leur a détruit tout leur matériel. Une page de soutien a été créée si vous voulez leur filer un coup de main…




x Crimes (MN) _ Thrifty Vultures


Venant de Minneapolis, les Crimes baladent leur pop ténébreuse et emmêlent nappes de chants rêveurs et mélodies entêtantes. Leur album Thin Sunlight est une belle surprise et s’écoute et se procure par ici.



x Midnight Ghost _ Lava Mountain

Un certain Thomas Ellington se cache derrière le projet Midnight Ghost et son exquise pop lo-fi. L’album que vous pouvez écouter sur son bandcamp est brillant et on attend la suite avec impatience.




Keep the faith!

B. / FGC
Merci à JL.




jeudi 14 novembre 2013

Sick Hyenas – Foggyview (english)





Sick Hyenas have been creeping all the good, bad and hidden places of Hamburg’s rock’n roll side for some time now. The sickness they’re spreading would be well described as a kind of dirty and incurable psychedelism. We had to wander around the unlit streets of Sankt Pauli, being on the trail of these young hyenas and we finally came accross their DIY cassette named “the White Mofo Drug Smuggla tape” (La Pochette Surprise Records). The voice of C. Bukowski opens the first track to bring us on a dangerous journey which will end (so fast) with one powerful « Weither of Death ». This is it, harm’s been made, and to face the facts, these guys are making it pretty great.

 





What would happen next? Their first album is recorded and ready, just waiting for an evil soul to release it from the dark…

They kindly answered to some of our questions below :





" We are three guys, located in Hamburg, Germany. Velvet plays guitar and sings mainly, Thore plays guitar as well and backs up on vocals. Eddie hits the drums. "


x What is your definition of rock and roll or music ? or describe how do you feel when you're doing music?


Having a simple idea and ending up with something none of us expected. That's rock'n roll (for us at least).


x A picture?





This is an old picture of Thore's dad he showed us when we were setting up Sick Hyenas. We took it as a "band photo".

x Worst nightmare ?

Getting snatched by aliens.

x The place you enjoy the most?

Stages and bars.

x 3 albums:


Currently I'm (Velvet) listening to:
- Dreamsalon - Dreamsalon
- Night Beats - Sonic Bloom
- White Fence - Cyclops Reap




x A quote:


no quote yet.

x Discography:


- the White Mofo Drug Smuggla tape, Limited edition of 30. Handmade Self-Release, Out in two weeks (La Pochette Surprise Records).



- Debut Album (no title yet) is done. No release date yet.
Vinyl and cassette via Dumpster Tapes.


B. / FGC


Sick Hyenas – Foggyview

 




English version here

Les Sick Hyenas écument depuis quelques temps déjà les places fortes et cachées du rock and roll Hambourgeois. Le virus qu’elles propagent s’assimilerait à une sorte de psychédélisme crasseux et incurable. Il nous a fallu errer dans les rues sombres de Sankt Pauli afin de retrouver la trace des jeunes hyènes et tomber sur leur cassette DIY intitulée “the White Mofo Drug Smuggla tape” (La Pochette Surprise Records). C’est sur des paroles de C. Bukowski qu’on commence la dangereuse ballade qui se finira (trop rapidement) sur un Weather of Death des plus puissants. Ça y est, le mal est fait et il faut se rendre à l’évidence, on tient là un groupe à suivre.

 





Quelle sera la suite ? Leur 1er album est déjà enregistré et ils n’attendent plus qu’une mauvaise âme ne daigne le faire sortir de l’ombre…

Voici leur réponses à nos quelques questions :





" Nous sommes trois mecs basés à Hambourg. Velvet à la guitare et au chant, Thore, également à la guitare et aux chœurs et Eddie qui tape sur sa batterie. "


x Votre définition du rock and roll ou ce que vous ressentez en jouant de la musique ?


Partir d’une idée simple et obtenir un résultat auquel on ne s’attendait pas. C’est ça le rock’n roll (du moins pour nous).


x Une image?





C’est une vieille photo du père de Thore qui nous l’avait montré au moment où on montait Sick Hyenas. On l’utilise maintenant comme notre photo de "groupe".

x Pire cauchemar ?

Se faire attraper par des extraterrestres.

x Un endroit préféré?

Sur scène et dans les bars.

x 3 albums:


En ce moment, j’écoute ça (Velvet) :
- Dreamsalon - Dreamsalon
- Night Beats - Sonic Bloom
- White Fence - Cyclops Reap




x Une citation:


Pas de citation pour le moment.

x Discographie:


- K7 autoproduite « the White Mofo Drug Smuggla tape ». Édition limitée à 30 exemplaires faits à la main
Sortie dans 2 semaines (La Pochette Surprise Records)



- 1er album (Sans titre pour l’instant) enregistré mais pas de date de sortie pour l’instant.
Sortie format Cassette prévue via Dumpster Tapes.


B. / FGC


mercredi 4 septembre 2013

Warm Soda - Matthew Melton 's interview - On a trip to Fuzz City




 Version française ici


Behind Warm Soda, the prolific West Coast resident and coolest moustached man around, Matthew Melton is pulling the strings, from his Castle Face Records member chair (Thee Oh Sees, White Fence, Ty Segall, The Mallard, Fresh & Onlys etc…). As we know, this San Francisco scene is much too often mixed up with the « new garage generation », but taking a closer look might reveal an unsuspected load of different musical styles, matching logically the tremendous amount of bands of the area, with to each its unique personality.

Melton’s talent, and he’s full of it, lies in the ability to write songs with irresistible melodies, carried and enlightened by a devastating art and sense of the riff. This delicious recipe takes him on a rock and roll, power pop and glam sauce, supported by a hilarious “Rock and Roll High Schoolesque” aesthetics as you can see in the video clips or material of all his projects.

To quickly locate where his career’s at, the resourceful young man already came out with, among various singles or EP’s, a LP with Snake Flowers 2 (2008), 4 with Bare Wires (2009 - 2012), a solo album (2010) and another one with his last band, Warm Soda and their brilliant “Someone for you”, released this year on Castle Face Records.

It was an honor to get to meet him for the first edition of the Parisian City Sound Festival - San Francisco Edition which took place at Le 104 on the 19th and 20th of July. Warm Soda’s performance was a perfectly great and a true fulfilling moment for which we are grateful.
It’s with kindness that Matthew Melton accepted to answer to our questions…






x We’re at the City Sound Festival - San Francisco Edition so could you talk about when you first met with John Dwyer (Thee Oh Sees / Castle Face Records)?

Matthew Melton : Let me think when that was… My first band in San Francisco was called Snake Flower 2 and we played a show with Thee Oh Sees and Jay Reatard, it was like in the first year when I moved there. And then a couple of years later when I had Bare Wires going, we played a couple of shows and started to work together. John Dwyer is awesome, awesome guy. He’s definitely up here in San Francisco’s music scene.

x Could you tell about the passing between Bare Wires and Warm Soda?

MM: Well, we were on tour in the US and our drummer overdosed on drugs and it was really kind of a bad scene. He was in the hospital in poor condition and so we traveled back. I actually left the bass player in Austin, Texas, and dropped him (our drummer) off at his mom’s house In El Paso and I drove back to San Francisco.
And then I just decided I wanted to make a shift in the type of music I was making so I just decided to erase everything and start from the beginning, over again.
That gave me a fresh perspective and a kind of different angle and I’m really glad that I made the transition.




x Could you play Bare Wires’ songs again?

MM: That’s a good question! I’m not really sure if that would ever happen. I wouldn’t be opposed to it, perhaps in the future. But I don’t know, I think I really prefer just moving forward and leaving behind songs more just like evidence instead of always repeating your past, ideas.
For instance we’re already half way complete with the new Warm Soda album.
So we’re working on this and just moving forward. It’s gonna be released in the fall with Castle Face Records and I’ve also got a new solo album ready with 24 songs… To dig back just feels like moving to the wrong direction.



 


x Let’s talk about Fuzz City, what is it exactly?

MM: Yeah, sure. I traveled around a lot so I’m sort of a vagabond because actually I currently don’t have a home or apartment in any city. But I’ve got this recording studio in Oakland.

At the very first start, I was based in San Francisco. But that was just an 8 track reel-to-reel analog recorder, just in my van. And I was just pulling up to somebody’s house and record them like that. Or we were recording in like the kitchen or in the bathroom, all this kind of crazy places, which was also really cool!

We started the studio and the label Fuzz City Records in 2012 so it’s brand new. We’ve been in Oakland for like a year and a half.
We’ve released a few things on the label but right now, our focus is on the studio because that’s just what it seems to be the most important.
We’re working with bands, like having a band coming and feeling comfortable so they can create in the right environment and go for a certain specific kind of sound or we do also mastering.
I love producing music and just make it sounds and I’m genuinely pleased by the process of creating. That’s keeping me busy lately.

But I don’t know where I go… I could move Fuzz City to anywhere! The cool thing about Oakland and San Francisco is that there are a lot of bands to work with.
But then I have to ask myself the question: why not operate it in… Berlin? in London?… Why not has it to be in a different city every two years?
I’m kind of trying to figure it out like whether I should plant roots or not? When you stay moving, it keeps things interesting, it keeps the life fresh. I’ve been to a lot of places and I don’t know where I would really like to call home yet. I feel I got to see even more, of the world… At least for now I’m still in motion!

x Is there a specific sound philosophy with Fuzz City then?

MM: I definitely think everything should hit the analog tape. It’s a big part of the sound. We use pretty small tape, quarter inch tape that makes a very distinct sound.
We use also a lot of vintage microphones so it has a very sincere sound and we’re not using a lot of digital trickery. We could record and bounced it digitally then bounced it back on the tape. So it has some kind of a finite compressed sound. I think that’s the Fuzz City Sound. It’s like tape saturated, compressed, very finite, definitely in the mid-fi range. So it sounds good, you can hear a lot of dynamics going on but it has got a lot of character too.





x Is the vinyl format important at the end of the process?

MM: I definitely think vinyl is the best format for music. Just simply because of the sound quality and it’s going to last in terms of archival (way). The CD can get scratched in two weeks, digital can be erased, or the power goes out and you have no digital.


x Do you distrust digital stuff?

Nowadays, especially because of iPhones, and with the internet which has become such a focus of culture. Everything is digitized… It’s such a bad thing because it almost forces people to live in the past because everything they see on their iPhone is a record of something that has already occurred. So you’re looking at the past and you’re missing the present which is happening out here.

x Most of the time your songs talk about love, like in a romantic and teenage way (in a naïve and touching meaning)… Do you have a special point of view about that ?

MM: That’s a good question! I usually will write a song not about a specific situation that I’ve had or a specific person but more about a feeling that I felt.
I’ll take this feeling and in order to express it, I’ll imagine that feeling through the eyes of a different character. So I like to make sort of a personify character. I’ll actually invent a type of person or a certain type of feeling or and then sing from this perspective.
I just get this intense feeling and try to make a really genuine expression of it and make sure that it’s very sincere at the risk of maybe sounding like “a cheesy love song”… But that’s a risk I’m willing to take.


x Did you finally find love?

MM: Well, I’m a different kind of person. I’m somebody who sort of has an inability to love and that comes from probably a variety of reasons, including having my heart broken at a very young age, among other things… But I feel like, that is a really good place to come from as a songwriter because I feel that if you find love, you’re not gonna have much interest in writing songs because the intensity will be gone, the tension will be gone. You don’t have that lack that can drive you to make music.






x I read that you were proud to have been in Europe (your parents never been). Today you’re coming back, what is your thinking about here?

MM: Actually my family was from a small town called Melton Mowbray in the UK and they settled in West Memphis, Arkansas, close to the Tennessee in the 1900’s. Since then, they’ve just been really simple people and no one has never really traveled anywhere or done anything. Although there were a lot of musicians in the family so that was one goal for me. I’m the last man in the family line so it will end or begin again with me so I kind of wanted to go out into the world… And I actually met some people last night in London from Melton Mowbray and we had a really interesting connection here between those people…
But yeah, it has always been my dream to travel the world with my songs and I worked really hard to get to this point and I’m gonna just keep going for throttle!


x Any Warm Soda you can advise?

MM: I actually am someone who is concerned with being healthy and I don’t drink soda…
Mainly because it contains high fructose corn syrup which is an awful chemical man made sugar which is very difficult for the human body to process.

x So you drink water?

MM: I drink water, water is awesome. The human body is 70 to 80% of water so it makes sense to keep that flowing into yourself.



B.
Thanks to Ju and Clarisse Vallée







Warm Soda – Fuzz City Life – Interview avec Matthew Melton (@City Sounds Festival – Edition San Francisco)




 English version here



Derrière Warm Soda, se cache Matthew Melton, moustachu le plus cool de la côte ouest US, musicien prolifique et membre hyperactif de la belle écurie Castle Face Records (Thee Oh Sees, White Fence, Ty Segall, The Mallard, Fresh & Onlys etc…). On associe souvent à tort cette scène « San Franciscaine » à la nouvelle génération garage, mais à y regarder de plus près, cela n’a pas de sens tant ses différents groupes touchent à plusieurs genres musicaux.

Le talent de Melton, et il en a un sacré, réside évidemment dans sa facilité à pondre des chansons aux mélodies irrésistibles, portées et enluminées par un art du riff dévastateur. Cette succulente recette l’emmène sur un terrain rock façon power pop et glam, univers soutenu par une esthétique « Rock and Roll High Schoolesque » hilarante comme on peut le voir dans les vidéos clips de ses différents projets.

Pour situer rapidement sa belle et déjà riche carrière, le jeune homme a sorti entre autres singles et EPs, un LP avec les Snake Flower 2 (2008), quatre avec les Bare Wires (2009 à 2012), un solo (2010) et un avec sa dernière formation, Warm Soda et leur brillant « Someone For You » sorti cette année chez Castle Face Records.

Ce fut donc un honneur d’avoir pu le rencontrer à l’occasion de la première et excellente édition du City Sounds Festival, Edition San Francisco qui avait lieu au 104 (19 et 20 Juillet 2013). Le concert des Warm Soda fut d’ailleurs un très beau moment de rock and roll qui nous a comblés au plus haut point.
Et c’est avec beaucoup de sympathie que Matthew Melton a bien voulu répondre à nos questions…






x Nous sommes au City Sounds Festival - Edition San Francisco, peux-tu nous parler de ta rencontre avec John Dwyer (Thee Oh Sees / Castle Face Records) qui est un peu le parrain de cette scène ?

Matthew Melton : Alors que je me rappelle… Mon 1er groupe à San Francisco s’appelait Snake Flower 2 et on avait joué avec Thee Oh Sees et Jay Reatard, ça devait être lors de ma 1ère année quand j’ai emménagé là bas. Quelque temps plus tard, à l’époque de Bare Wires, on a joué plusieurs fois et commencé à travailler ensemble. John Dwyer est un mec génial, et qui fait énormément pour la scène de SF.

x Peux-tu nous raconter le passage de Bare Wires à la création de Warm Soda ?

MM: Et bien, on (ndlr : Bare Wires) était en tournée aux US et notre batteur a fait une overdose. C’était vraiment un sale moment. Il a fini à l’hôpital en mauvais état… Donc on a évidemment dû repartir, j’ai laissé notre bassiste à Austin, déposé notre batteur chez sa mère à El Paso avant de revenir à San Francisco.
Ça a déclenché chez moi, l’envie de donner une autre direction à la musique que je faisais jusqu’à présent, j’ai donc décidé de tout effacer et de repartir de zéro.
Cela m’a donné de nouvelles perspectives et un angle différent, et je suis aujourd’hui bien content d’avoir effectué cette transition.




x Est-ce que tu pourrais reprendre des chansons de Bare Wires? Car vous avez sorti pas mal de choses…

MM : C’est une bonne question ! Je ne sais pas vraiment si ça arrivera un jour bien que je n’y sois pas foncièrement opposé. Pourquoi pas dans le futur ! Mais je ne sais pas, je pense que je préfère aller de l’avant et laisser derrière moi ces chansons, un peu comme des preuves, plutôt que de toujours répéter son passé et ses idées.
C’est important pour moi d’avancer.
Pour l’instant on a presque fini le nouvel album de Warm Soda, je pense qu’il sortira en automne chez Castle Face Records. J’ai aussi 24 chansons prêtes pour mon nouvel album solo. Donc on avance sur tout ça et revenir en arrière, pour moi, serait comme prendre une mauvaise direction.



 


x Passons à Fuzz City? C’est quoi, exactement ?

MM : Tout d’abord, il faut savoir que j’ai toujours pas mal bougé, je me considère un peu comme un vagabond. Je n’ai d’ailleurs pas de vraie maison ou appartement nulle part. Mais j’ai ce studio d’enregistrement à Oakland.

Au tout début, j’étais basé à San Francisco, mais c’était juste un enregistreur analogique 8 pistes reel-to-reel, posé dans mon van. Et donc j’allais chez les gens et je les enregistrais comme ça. Ou alors on se mettait dans leur cuisine ou la salle de bain, on enregistrait dans plein d’endroits bizarres, c’était assez marrant d’ailleurs !

On est basé à Oakland depuis 1 an et demi avec le studio et le label, Fuzz City Records.
On a sorti quelques trucs sur celui-ci mais, pour l’instant on se consacre principalement à l’enregistrement, c’est ce qui nous semble le plus important.
On travaille avec des groupes, on essaie de leur donner les bonnes conditions pour qu’ils puissent créer dans un environnement stimulant et arriver à un certain son. On fait également du mastering. J’adore travailler avec des musiciens et produire, le processus créatif m’enchante vraiment !

Mais je ne sais pas du tout où je vais… Je pourrais déménager Fuzz City n’importe où ! Le truc cool à Oakland et San Francisco c’est qu’il y a toujours pas mal de groupes avec qui bosser.
Mais je peux me poser la question, pourquoi ne pas faire Fuzz City… à Berlin ? … à Londres ?
Pourquoi ne pas changer de ville tous les deux ans ? Je me pose souvent cette question à savoir si je devrais rester lié à un endroit ou non car le fait de bouger rend les choses intéressantes, ça stimule ta vie.
J’ai été dans pas mal d’endroits et je ne sais vraiment pas où je pourrais vraiment me sentir chez moi. Je pense que je dois encore voir le monde… Au moins pour l’instant je suis toujours en mouvement.

x Est-ce qu’il y a une philosophie particulière en terme de son chez Fuzz City?

MM : Oui définitivement. Je pense que tout doit être enregistré sur des bandes analogiques. Ça joue un gros rôle en terme de son. On enregistre par exemple sur des quarter-inch tapes, ça te donne un son assez caractéristique.
On utilise également pas mal de vieux micros, ça donne quelque chose d’assez « sincère » et on passe très peu par le numérique. On peut enregistrer en analogique et le repasser en numérique pour le retransférer sur de l’analogique par exemple. Au final ça va te donner un son, avec une saturation produite par la bande, compressé, assez délimité et définitivement mid-fi. Je pense que c’est ça le Fuzz City Sound. Ça sonne bien, tu as une bonne dynamique mais aussi beaucoup de caractère !





x Le format vinyle, c’est la finalité de tout ça ?

MM : Je suis définitivement persuadé que le vinyle est le meilleur format pour écouter de la musique. Tout simplement pour la qualité sonore mais également car c’est celui qui durera le plus longtemps (en terme d’archive). Le CD peut se rayer en quelques utilisations, le digital peut être effacé, ou alors tu n’as plus d’électricité et alors plus de numérique.


x Tu es méfiant face aux nouvelles technologies ?

MM : Aujourd’hui, et particulièrement à cause des iPhone et d’internet qui absorbe tellement tout le monde. Tout est digitalisé…
Je pense que ce n’est pas une bonne chose, ça force les gens à vivre dans le passé car tout ce qu’ils voient sur leur iPhone est un enregistrement de quelque chose qui s’est déjà passé. Tu passes ton temps à regarder ton passé et tu loupes le moment présent !

x Au sujet de tes chansons, elles parlent beaucoup d’amour, avec un côté un peu teenage et romantique (au sens touchant et innocent du terme). Quel est ton point de vue par rapport à ça ?

MM : C’est une bonne question ! Il faut savoir que mes chansons ne racontent pas une situation spécifique que j’ai pu vivre ou ne parlent pas d’une personne réelle mais plus d’un sentiment que j’ai pu ressentir.
Je vais prendre ce sentiment et pour pouvoir l’exprimer, je vais l’imaginer à travers le regard de différents personnages. Je vais raconter quelque chose depuis cette perspective. C’est de la personnification.
Je prends un sentiment intense et j’essaie de l’exprimer de façon authentique avec peut-être le risque de sonner comme une chanson d’amour un peu « kitsch ». C’est un risque que j’assume car je sais que ce que j’exprime est sincère.


x Est-ce que tu as finalement trouvé l’amour ?

MM : Disons que je ne suis pas ce type de personne. Je suis quelqu’un qui, en quelque sorte, a une incapacité à aimer. Il y a probablement des raisons à ça, comme par exemple le fait d’avoir eu le cœur brisé très jeune, parmi plein d’autres choses. Mais je trouve aussi que c’est très stimulant en tant que songwriter car je me dis que si tu trouves l’amour, tu auras moins d’intérêt à écrire des chansons, tu manqueras d’une certaine intensité, d’une certaine tension. Tu ne peux pas avoir cette espèce de manque qui peut te pousser à faire de la musique.






x J’ai lu quelque part que tu étais fier d’avoir pu voyager en Europe, sachant que ta famille n’y était jamais allée?

MM : En fait ma famille est originaire d’une petite ville appelée Melton Mowbray en Angleterre. Ils ont émigré à West Memphis, Arkansas, dans les années 1900 et depuis ce temps là, personne n’a jamais bougé ou fait quelque chose. Ce sont des gens assez simple, avec beaucoup de musiciens dans la famille et pour ma part, j’ai toujours eu envie de voyager. Je suis également le dernier dans la lignée, donc ça s’arrêtera ou continuera avec moi, ça a aussi joué. C’est assez drôle d’ailleurs car nous étions hier à Londres et j’ai rencontré des gens qui venaient de Melton Mowbray avec qui j’ai eu une certaine connexion…
Donc oui, ça a toujours été un rêve pour moi de parcourir le monde avec mes chansons, j’ai beaucoup travaillé pour en arriver là et je vais continuer d’en profiter.


x Tu bois quoi comme soda chaud (Warm Soda) ?

MM : En fait, je suis très concerné par ma bonne santé, je ne bois donc pas de soda…
Principalement car cela contient du sirop de maïs à haute teneur en fructose, une sorte de sucre fabriqué chimiquement et très difficile à traiter par le corps humain…

x Donc tu bois de l’eau ?

MM : Je bois de l’eau, l’eau c’est génial. Le corps humain est constitué d’environ 70% d’eau donc ça parait normal de continuer à la faire couler en toi…



B.
Merci à Ju et Clarisse Vallée







mercredi 28 août 2013

Iceage - Frihed og broderskab / Route du Rock 2013 (english version)



Pic © Marion Costentin 15/08/2013


Version française ici


Iceage sustain the mystery, that's for sure.
Outsiders of La Route du Rock 2013 edition, they stood in for new yorkers DIIV who had cancelled their european tour a few months back.
If those are undeniably good, I was thrilled that the danish were coming, even though our first meeting after the show, was a bit frosty.
Given the amount of good and bad stress these guys must endure, you understand their attitude. Some will mistake it for arrogance, I think it might be suspicion, considering how they started and the controversy that their provoking symbolism set off.
We will spare you the details of the press conference which was not really worthy of interest.

“Somehow things are still not lost
But I sure feel alienated
Is their flesh disintegrated
These days I'm numb and faded” – Coalition (You’re Nothing – 2013)


Foggy Girls Club's short story being closely related to Iceage, it is interesting to look back at the past few years.
My first contact with the band dates back to 2011, after their 1st LP "New Brigade" came out, thanks to the late webzine Altered Zones and a bunch of articles mentioning a brand new Northern wind.
"New Brigade", frontal impact, adrenaline explosion… Who are these savages? What do they want? How do I get another fix?

Then came Escho and Tambourhinoceros, two Copenhagen-based labels who took charge of the youngsters. What happened next was simple : I ordered the LP, it came in a pizza box, we exchanged a few e-mails and I've kept, ever since, a warm connection with these people -and this town- who have allowed me to discover this thriving danish scene they stand up for (Thulebasen, CTM, Lower, New Spring, etc…).

The Escho/Iceage relationship is strong and definitive :  
”They were there from the start when we were kind of useless. They held us to get something done. We knew these guys way way before we did music in a more serious constellation. So basically they’re just friends and at one point they just put it out. And if it wasn’t for Escho I think we wouldn’t be as much as active and playing as much as we are. They definitely make sure that we don’t just sit on our asses… “

Posh Isolation is also worth mentioning as another pioneer Copenhagen label, who put out their tape : “Posh Isolation is a mainly industrial music label but they also product punk and weird stuff from Copenhagen scene. So they also help young boys that does something in rehearsal room to make it exist I guess.

“Parallel crossing lines
I don't want to fall behind
Is it too much to cope
Not running down an empty hole” - New Brigade (album S/T 2011)




To sum up, here's a bunch of young danish guys who started a band, released an album and caused a ripple : a modern punk classic that became a favorite on many record players.

Of course, things shook up and they aroused a lot of interest. They're pretty straightforward about it :
“We had a bunch of possibilities but they all seemed to be quite horrible. Matador seemed to be the more honest out there. And we signed with them and later maybe found out that it wasn’t the case anyway, but now we’re stuck with them.”
This honesty and sharp opinion on such a cult label (and big machine) as Matador, stand out from the usual bullshit, like some kind of conscious innocence proudly and firmly bearing their vision of art.
“About large label, it’s not that it’s horrible but it’s just that we, as individuals, have differences with them, it’s like misconception about how you should get people to listen to your music. (…). We’re interested in reaching a broader audience (…) but it’s like everything has a dollar sign at the end. So it doesn’t really make sense for us.”




Now on to the music. Their second album, "You're Nothing" came out early this year and notably affirmed that our friends were not just a flash in the pan but a genuine black diamond. Joyful in a half-light, it proves to be extremely inspiring. It leaves you disorientated, faced with something great. The piercing compositions and sharp lyrics, carried by a sometimes furious, sometimes moving chant, evoke flashes of heartache and frustration you'd just want to blow up with great spirit and revenge.
To dig up old feelings buried deep within, one of the greatest albums of the year.

“A mere blow of wind could turn me into light
Hands everywhere covering me
Feels so overwhelming I can't breathe
But bliss is momentary anyhow
Yet worth living for - take me now” - Ecstasy (You’re Nothing – 2013)




But let's get back to the Fort de Saint-Père in Saint Malo. On this 15th of August 2013, the sun is looking over as we are walking to the big stage. The young danish are about to open the festival, following Jacco Gardner's lulling melodies.
Dressed in black, they are quietly setting up to start their fierce performance. Not being very famous in France, and having played almost only in Paris, it might be a little difficult to win over the breton crowd, nonetheless present despite the early hour.
Nevermind. "Awake", the vampires surely are and their battle against sunlight is starting.
They are spitting it out and the scorching heat, hitting full face, will not stop them.
Angel-faced Elias Bender Rønnenfelt has tremendous charisma. In a perpetual inner struggle, he weaves in and out of his band's sonic shots to lighten them up with his occult, fascinating flame. 45 minutes of rage and they're gone. It was good, it was strong.

“I imagine that this is how it would feel to drown in light.”- Count Me In – Sexdrome cover (New Brigade 2011)



I then reach to their manager/papa bear, Nis. Half of Escho and a Copenhagen music activist, I've met him before, via his excellent band Thulebasen.

Hours and drinks go by in a nice and hearty atmosphere, unlike the beginnings. We talk about everything, from travel to food, Aqua, the nazi dude in Ace of Base etc… I keep teasing Nis about the next Thulebasen album. It's a mystery, him being busy enough recording his friends, it's hard to find the time to complete his own project.

To get back to Iceage, it's a group of honest young people and that you can't take away from them. They're a little abashed at the media circus around them. They know where they came from and what they want. For sure, their songs have carried us away and will carry us again for a long time to their northern parts, no matter the destination, only the journey is important as long as they are the soundtrack.

On my way back, I think about "New Brigade" that still gives me the chills.

"It’s within me, it’s within you, it’s within me and you"… (New Brigade - 2011)


B. & M.
Thanks a lot to la Route du Rock for this great 2013 edition.



Iceage are:
Dan Kjær Nielsen
Elias Bender Rønnenfelt
Johan Wieth
Jakob Tvilling Pless

To listen :
Iceage - New Brigade (Escho 2011)
Iceage -You’re Nothing (Escho / Matador 2013)
Vår - No One Dances Quite Like My Brothers (Sacred Bones 2013)
Thulebasen - Gate 5 (Escho 2011)
Thulebasen - Guitar Wand (Escho 2008)
To dig:
Escho
Escho label profile
Tambourhinoceros




mardi 27 août 2013

Iceage - Frihed og broderskab / Route du Rock 2013



Pic © Marion Costentin 15/08/2013

English version here.


Iceage cultive le mystère, c’est un fait.
Outsiders de l’édition 2013 de la Route du Rock, ils ont remplacé les espoirs new yorkais DIIV ayant annulé il y a quelques mois leur tournée européenne.
Malgrè la qualité indéniable de ces derniers, la venue des danois m’a vraiment réjoui et ce même si notre première rencontre d’après concert fut assez froide.
Vu le nombre de sollicitations bonnes et mauvaises que ces mecs doivent subir, on peut comprendre leur attitude. Cela passera pour de l’arrogance pour certains, pour de la méfiance pour d’autres, je pencherais pour la deuxième, surtout en repensant à leurs débuts et aux basses polémiques développées par quelques un face à leur symbolique provocante.
On passera les détails de la conférence de presse inadaptée et pénible, le groupe lui-même et les questions n’aidant pas...

“Somehow things are still not lost
But I sure feel alienated
Is their flesh disintegrated
These days I'm numb and faded” – Coalition (You’re Nothing – 2013)


La courte histoire du Foggy Girls Club étant intimement liée à Iceage, il est intéressant de replonger quelques années en arrière.
Mon premier contact avec le groupe remonte à 2011 après la sortie de leur 1er LP "New Brigade", grâce à divers articles du (feu) webzine Altered Zone qui évoquait un nouveau vent venant du Nord.
Choc frontal et déstabilisant face à leur titre "New Brigade". Une déflagration d’adrénaline… Qui sont ces enragés ? Que veulent-ils ? Que faire pour se procurer d’autres doses ?

Puis, viendront Escho et Tambourhinoceros, les deux labels basés à Copenhague qui s’occupent des jeunes danois, pas encore majeurs à l’époque. La suite est simple, le LP est commandé, reçu dans une boite à pizza, quelques e-mails échangés et je garde depuis, un lien chaleureux avec ces gens (et cette ville) qui m’ont permis de m’intéresser à la foisonnante scène danoise qu’ils défendent (Thulebasen, CTM, Lower, New Spring etc…).

La relation Escho / Iceage est forte et définitive:  
”Ils sont là depuis nos débuts, à l’époque où on ne servait pas à grand-chose, et ils nous ont amené à quelque chose de concret. On connait ces mecs depuis un bon moment, bien bien avant qu’on envisage notre musique d’un point de vue plus sérieux. Donc en gros, ce sont des amis qui, a un moment donné, ont déclenché le truc. Et si ce n’était pas pour Escho, je pense qu’on ne serait pas aussi actifs et investis. On peut définitivement dire qu’ils s’assurent qu’on ne reste pas tranquillement assis sur notre cul…“

On peut aussi parler de Posh Isolation, un autre label défricheur de Copenhague qui les avait sorti en K7: “Posh Isolation est principalement un label de musique indus mais ils sortent aussi des groupes punk et bizarres de la scène de Copenhague. Donc ils aident aussi à exister des jeunes gens en dehors de leur salle de répétition.”

“Parallel crossing lines
I don't Want To Fall Behind
Is It Too Much To Cope
Not Running Down An Empty Hole” - New Brigade (album S/T 2011)




En résumé, voici une bande de jeune danois qui monte un groupe avec pour méfait un album tel un pavé dans la mare, un classique punk d’aujourd’hui, devenu culte sur de nombreuses platines un peu partout dans le monde.

Logiquement, les choses se sont ensuite accélérées avec des sollicitations de part et d’autre et c’est avec beaucoup de franchise qu’ils en parlent:
“Nous avions un paquet de possibilités mais elles paraissaient toutes plus horribles les unes par rapport aux autres. Matador nous ont semblés être les plus honnêtes. On a signé chez eux, et peut-être que plus tard on s’est rendu compte que ce n’était en fait pas le cas mais maintenant on est coincé avec eux.”
Cette honnêteté et ce point de vue tranchant sur un label mythique (mais également grosse machine) tel que Matador, sort des discours langue de bois habituels, comme une sorte de naïveté consciente qui porte fièrement et fermement leur vision de l’art.
“Concernant les gros labels, ce n’est pas que ce soit si horrible que ça mais c’est juste que nous, en tant qu’individus, avons des différences avec eux. C’est comme si on n’avait pas la même vision de comment les gens devraient en arriver à écouter notre musique. (…).Nous voulons bien sûr toucher plus de public. (…) mais c’est comme si ça devait toujours finir par rimer avec “dollar”. Ça n’a pas vraiment de sens pour nous.”




Pour parler musique, ce 2ème album intitulé “You’re Nothing” et sorti début 2013 a surtout prouvé que nos amis n’étaient pas qu’un feu de paille mais un vrai diamant noir. D’un joyeux clair-obscur ils s’avèrent être terriblement stimulants. On en ressort déboussolé, face à quelque chose de grand. Les compositions stridentes et les textes pointus portés par un chant tour à tour enragé et émouvant évoquent des bouffées de chagrin et de frustration qu’on ferait exploser avec revanche et panache. Un des grands albums de l’année qui triture des sentiments profondément enfouis…


“A mere blow of wind could turn me into light
Hands everywhere covering me
Feels so overwhelming I can't breathe
But bliss is momentary anyhow
Yet worth living for - take me now” - Ecstasy (You’re Nothing – 2013)




Mais revenons au Fort de Saint Père à Saint Malo. En ce jeudi 15 août 2013, le soleil est là et nous nous dirigeons vers la grande scène sur laquelle les jeunes danois vont ouvrir le festival après un apéro bercé par les mélodies de Jacco Gardner.
Tout de noir vêtus, ils vont s’installer tranquillement pour commencer leur set acharné. Ils ne sont pas très connus en France, et n’ont d’ailleurs pratiquement joué qu’à Paris, la tâche sera peut-être plus compliquée pour convaincre le public breton malgré tout présent compte tenu de l’heure précoce.
Qu’importe, "Awake", les vampires sont réveillés et leur baston contre la lumière commence.
Le cagnard en pleine gueule les gène, mais ça ne les empêche pas de cracher qu’ils sont là.
Elias Bender Rønnenfelt a une gueule d’ange et un charisme redoutable. En perpétuelle lutte intérieure, il glisse et se faufile sur les trombes sonores balancées par son groupe pour mieux les éclairer d’une flamme occulte et définitivement fascinante.
45minutes de rage et puis s’en vont. C’était bien, c’était fort.

“I imagine that this is how it would feel to drown in light.”- Count Me In – Sexdrome cover (New Brigade 2011)



Je pars ensuite à la rencontre de Nis, leur manager / papa poule, label puisque moitié de Escho et activiste musical de Copenhague que j’avais déjà rencontré dans le passé via son excellent groupe Thulebasen.

Les heures et les verres passent dans une ambiance joviale et agréable, antithèse du début de soirée. On parle de tout, voyage, de bonne bouffe, d’Aqua, du nazi d’Ace of Base etc… et je ne cesse de titiller Nis sur la date de sortie du prochain album de Thulebasen. C'est un mystère, car assez occupé à enregistrer ses différents comparses, il lui faut trouver le temps de finaliser son propre projet.

Pour revenir à Iceage, on est face à une bande de jeunes gens honnêtes et on ne pourra pas leur enlever cette qualité. Le cirque médiatique autour d’eux les laisse quelque peut pantois. Ils savent d’où ils viennent et ce qu’ils veulent. Ce qui est certain c’est que leurs chansons nous ont portés et nous transporterons encore longtemps jusque chez eux, jusque dans le nord, peu importe la destination, ce qui importe c’est le voyage, pourvu qu’ils en soient la bande son.

Sur le chemin du retour, je repense à "New Brigade" qui me fout toujours les mêmes frissons…

"It’s within me, it’s within you, it’s within me and you"… (New Brigade - 2011)


B.
Et merci à la Route du Rock pour cette très belle édition 2013.



Iceage are:
Dan Kjær Nielsen
Elias Bender Rønnenfelt
Johan Wieth
Jakob Tvilling Pless

À écouter :
Iceage - New Brigade (Escho 2011)
Iceage -You’re Nothing (Escho / Matador 2013)
Vår - No One Dances Quite Like My Brothers (Sacred Bones 2013)
Thulebasen - Gate 5 (Escho 2011)
Thulebasen - Guitar Wand (Escho 2008)
À creuser:
Escho
Escho label profile
Tambourhinoceros 


lundi 15 juillet 2013

La Route du Rock 2013: Présentation et coups de coeur (14/17 août à Saint-Malo)


Rendez-vous incontournable des rockeurs en Bretagne, la Route du Rock présentera cette année sa très attendue 23ème édition.

Festival à taille humaine et programmation alléchante, on ne peut que vous conseiller d’y aller les yeux fermés ou d’y retourner tant les beaux souvenirs musicaux et extra-musicaux y sont nombreux.

Ça se passe du 14 au 17 août à Saint-Malo, réservez votre long weekend, on vous donne ci-dessous nos coups de cœurs entre autres découvertes musicales…

Site web
Page fb
Billetterie


Tout d’abord, sachez qu’avant le début des festivités au Fort de Saint-Père, les impatients pourront commencer par les concerts d’Austra, Clinic et Julia Holter le mercredi 14 à la Nouvelle Vague (centre-ville de Saint-Malo).



Le lendemain (jeudi), direction la Plage Bon Secours en début d’après midi pour profiter du DJ set du label Clapping Music ainsi que du concert de la révélation pop de ces derniers mois Orval Carlos Sibelius.

Attention, la soirée au Fort de Saint-Père commence tôt avec à 18h30, le prodige Jacco Gardner puis les jeunes punk danois Iceage à l'origine de l’un des meilleurs albums de l’année « You’re Nothing ». Faites en sorte d'y être à tout prix!



On enchainera avec les hypnotiques mais pas moins passionnants californiens Moon Duo qui nous emmèneront loin et très haut, avant de se faire donner une leçon par l'étoile du rock légendaire que sont  Nick Cave et ses Bad Seeds. Les Chk Chk Chk et Fuck Buttons finiront la soirée.




Vendredi, baignade musicale avec le label Hands in The Dark aux platines, puis retour au Fort pour bien commencer une nouvelle soirée, avec les new yorkais Woods et leur indie folk garage classieux.



Pas le temps de vous expliquer, mais nous filerons juste après, direction la West Coast, pour un roadtrip sur des routes californiennes sans fin, brûlées par le soleil, aux côtés des Allah Las.



Petit détour en mode série Z, où la prudence nous sommerait de fuir, mais où l'instinct de sur-vie nous impose de frayer avec les Zombie Zombie, qui savent mieux que personne, contaminer leur auditoire…



Toujours morbide dans le nom mais cette fois côté USA et Mississippi, avec les Bass Drum Of Death, qui à l'écoute de leur son, portent très bien leur nom...



Est-ce qu’il nous restera encore quelques forces pour samedi ? C’est une bonne question... On tentera d’abréger l’apéro (à 18h) pour filer voir Widowspeak et leur indie americana délicieuse.



Parquet Courts et leur garage nerveux, eux, ne manqueront pas de nous insuffler les dernières ressources pour nous relancer jusqu’au bout de la nuit.



Il faudra bien sûr être présent pour les australiens Tame Impala et leur puissance sonore et mélodique désormais reconnue.



Enfin, la nuit se terminera en dancefloor géant avec les geek d’Hot Chip et les minots Disclosure qui clôtureront le festival.



Voilà un avant goût prometteur pour cette Route Du Rock 2013, toutes les infos sur le site et la programmation complète ci-dessous. On se donne rendez-vous là-bas avec du soleil et de la bonne humeur.